Au retour de la relâche, beaucoup d’élèves au Québec ont du mal à se remettre « en mode école ». Routine bousculée, fatigue accumulée, impression d’être en retard et baisse d’envie d’apprendre sont fréquentes. Les travaux du Programme de recherche sur la persévérance et la réussite scolaires (PRPRS) montrent que la motivation scolaire est l’un des facteurs les plus déterminants pour la réussite.
La motivation scolaire n’est pas figée : c’est un état dynamique, qui dépend de la perception qu’a l’élève de lui-même, de son environnement et du sens qu’il attribue à ses apprentissages. Avec des stratégies concrètes à la maison et à l’école, il est possible de la relancer après la relâche et de la maintenir jusqu’à la fin de l’année.
Comprendre la motivation scolaire (et pourquoi chute-t-elle après une pause)
Des chercheurs québécois en éducation définissent la motivation scolaire comme un état dynamique qui pousse l’élève à choisir une activité, s’y engager et persévérer pour atteindre un but. Selon ces travaux, la motivation dépend de plusieurs perceptions, comme :
- Sa perception de sa compétence (se sentir capable de réussir);
- La valeur attribuée à la tâche (intérêt, utilité, importance);
- Le contrôle qu’il pense avoir sur sa réussite.
Après la relâche, plusieurs éléments peuvent faire chuter ces perceptions : routines de sommeil modifiées, accumulation de travaux, anxiété face aux examens, ou impression de ne plus être à la hauteur. Les synthèses québécoises sur la motivation rappellent que le choix, la persévérance, l’engagement et la performance sont quatre indicateurs clés pour repérer une baisse de motivation.
Les bases scientifiques : ce que disent les recherches québécoises et canadiennes
Les études financées par le ministère de l’Éducation du Québec et des équipes universitaires montrent que la motivation joue un rôle crucial dans l’engagement, le rendement et la réussite scolaires. Plus les élèves sont motivés pour des raisons autodéterminées (par intérêt ou parce qu’ils reconnaissent l’importance de l’école), plus ils réussissent et s’adaptent bien.
Le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ) rappelle que pour soutenir la motivation, il faut :
- Favoriser une perception positive de la valeur des activités scolaires;
- Renforcer le sentiment d’efficacité de l’élève;
- Offrir un certain contrôle sur les tâches d’apprentissage.
Ces principes sont particulièrement utiles au retour de la relâche, quand il s’agit de redonner du sens et de la confiance à l’élève.
8 stratégies pour relancer la motivation scolaire après la relâche
Étape 1 : réinstaller une routine stable
Il est important de rétablir une routine claire et prévisible un peu avant le retour de vacances : heures de coucher régulières, temps d’écran encadré, temps calmes (lecture, jeux de société, activités créatives) pour préparer le cerveau au retour aux apprentissages. Un rythme équilibré avec un sommeil suffisant et des moments de détente planifiés aide les élèves à retrouver énergie et concentration en classe.
Exemple concret : dans les jours suivant la relâche, remettre progressivement l’horaire de sommeil « d’école », fixer des plages d’étude courtes, mais régulières et aménager un coin devoirs calme et organisé.
Cette routine rassure l’enfant et réduit les conflits autour des devoirs.
Étape 2 : fixer des objectifs motivants et réalistes
Les ressources de soutien scolaire recommandent de fixer des objectifs précis, réalistes et mesurables pour relancer la motivation jusqu’à la fin de l’année. Des objectifs à court terme (par chapitre, par semaine) permettent de célébrer de petites victoires, ce qui nourrit le sentiment de compétence et l’envie de continuer.
Pour qu’un objectif motive vraiment, il doit être clair, atteignable et relié à quelque chose qui a du sens pour l’élève ( par exemple : « réussir mon prochain test de maths » pour accéder à un programme, ou « être plus à l’aise à l’oral » pour mieux participer en classe ). Noter ces objectifs, suivre les progrès et les revoir régulièrement augmente fortement les chances de persévérance.

Étape 3 : recréer le sens des apprentissages
Une grande part de la démotivation vient de la question : « À quoi ça sert ? ». Les experts de la persévérance scolaire recommandent de relier les contenus scolaires à des projets concrets, aux intérêts de l’élève ou à ses aspirations (formations futures, métiers, passions).
Exemple concret : relier les fractions à la cuisine, les statistiques au sport préféré de l’élève, ou l’écriture à ses centres d’intérêt (jeux vidéo, musique, environnement).
Des milieux dynamiques et stimulants, où les tâches ont du sens, favorisent un engagement plus élevé des élèves.
Étape 4 : soutenir la perception de compétence
La perception qu’un élève a de ses capacités est un facteur clé de sa motivation à persévérer.
Valoriser les progrès, souligner les réussites, mettre en avant les forces et donner des pistes concrètes d’amélioration contribuent à renforcer ce sentiment de compétence.
Les pratiques recommandées incluent : reconnaître les bons coups en groupe, aborder les difficultés en privé de manière bienveillante, proposer des stratégies et non des jugements, et adapter la difficulté des tâches pour qu’elles soient stimulantes, mais faisables. Lorsque l’élève sent qu’il « peut y arriver », il s’investit davantage, même après une période de relâche.
Étape 5 : développer une relation positive et un climat soutenant
Maintenir un lien fort par la communication, la rétroaction régulière et l’écoute des besoins de l’élève, y compris dans les périodes de transition comme le retour de la relâche, est primordial.
À la maison, l’attitude des parents joue un rôle central : adopter une posture empathique, accueillir ce que l’enfant exprime (par exemple, « je trouve ça plate d’aller à l’école ») plutôt que le rejeter ou minimiser son ressenti, favorise la confiance et l’ouverture.
Si l’on invalide ce qu’il ressent, il aura beaucoup moins envie, la prochaine fois, de se confier sur ce qu’il pense et ce qu’il vit. Même lorsque l’intention des parents est bonne, il est souvent plus aidant d’écouter vraiment que de répondre trop vite ou de banaliser. En discutant calmement, on peut souvent faire émerger, avec l’enfant, des moments qu’il apprécie à l’école, ce qui permet de nourrir une vision plus nuancée et de soutenir progressivement sa motivation. Le simple fait de se sentir compris, soutenu et non jugé réduit le stress et augmente la disponibilité aux apprentissages.
Étape 6 : organiser les devoirs pour éviter le surmenage
Un encadrement structuré des devoirs est essentiel pour maintenir la motivation scolaire sur la durée :
- un espace de travail calme;
- une planification régulière;
- des blocs de travail limités dans le temps;
- et une certaine autonomie laissée à l’élève dans l’ordre ou la façon d’aborder ses tâches.
Pour en savoir plus sur la manière d’établir une routine de devoirs productive pour votre enfant, consultez notre article : Comment établir une routine de devoirs productive pour votre enfant ?
Étape 7 : bouger, bien manger, bien dormir
Plusieurs ressources éducatives et de soutien scolaire soulignent que l’activité physique, l’alimentation et le sommeil sont intimement liés à la motivation scolaire. Une alimentation déséquilibrée et un manque de sommeil peuvent entraîner fatigue, troubles de concentration et baisse d’énergie, ce qui rend les apprentissages plus difficiles.
L’activité physique, elle, aide à diminuer le cortisol (l’hormone du stress), améliore l’humeur et l’énergie, et contribue à un meilleur engagement dans les études. Pour aller plus loin, nous vous invitons à lire notre article Activités parascolaires : un atout pour la réussite scolaire, qui détaille comment le sport et d’autres activités extrascolaires peuvent renforcer la motivation et le succès scolaire. Intégrer au quotidien des moments de mouvement (sport, marche, jeux extérieurs) et des saines habitudes de vie devient donc un levier concret pour relancer la motivation après la relâche, et la maintenir jusqu’à la fin de l’année.
Étape 8 : miser sur le soutien social et la collaboration
Les liens sociaux constituent un puissant moteur de motivation, surtout chez les jeunes. Il est donc important d’encourager les élèves à renouer avec leurs amis, à travailler en groupe ou en dyades et à partager leurs objectifs avec des personnes de confiance, ce qui renforce le soutien et le sentiment d’appartenance.
Pour les adolescents, appartenir à un groupe (classe, équipe sportive ou groupe d’étude) peut transformer l’école en lieu d’engagement plutôt qu’en source de stress. Organiser des séances d’étude entre pairs, des projets collaboratifs ou des défis de classe permet de rendre les apprentissages plus motivants et stimulants pour tous.
Quand et comment demander de l’aide externe ?
Certaines situations dépassent les ressources de la famille ou de l’école :
- démotivation profonde qui dure depuis plusieurs mois;
- chute marquée des résultats;
- refus d’aller à l’école;
- anxiété importante;
- isolement social.
Dans ces cas, le soutien externe (orthopédagogie, tutorat, services psychosociaux ou psychologiques) permet de travailler à la fois sur les blocages académiques et la motivation émotionnelle.
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FAQ – Motivation scolaire après la relâche
Pourquoi mon enfant est-il moins motivé après la relâche ?
Il est fréquent que les routines de sommeil, les habitudes d’étude et le rythme scolaire soient perturbés pendant la relâche, ce qui rend le retour plus difficile. Les élèves peuvent se sentir fatigués, anxieux ou en retard dans leurs travaux, ce qui affecte leur motivation.
Combien de temps faut-il pour que la motivation revienne après la relâche ?
Cela varie d’un élève à l’autre. Certains retrouvent leur rythme en quelques jours, d’autres ont besoin de plusieurs semaines. L’important est de mettre en place des habitudes stables, d’éviter la pression excessive et de suivre l’évolution avec bienveillance.
Quand devrais-je consulter un service de soutien scolaire?
Si la démotivation dure depuis plusieurs semaines, s’accompagne d’une baisse importante des résultats, d’un refus d’aller à l’école ou d’une grande anxiété, il est recommandé de demander de l’aide.